2. REGIONS DU GRAND LAC
REGIONS DU GRAND LAC TONLE SAP (de 2 a 4 nuits)
Le royaume entier semble vivre au rythme des pulsations du Tonlé Sap (« Grand Lac » en khmer). Le poisson qu’on y pêche est la principale source de protéines des cambodgiens.
Le Tonlé Sap, un écosystème vital pour des millions de Cambodgiens
Au Cambodge, la question intéresse tout un peuple, qui vit au rythme des crues et décrues du « grand lac » (Tonlé sap en khmer). Cette réserve d’eau douce (la plus étendue d’Asie du Sud-Est) était jusqu’à récemment une des zones de pêche les plus productives au monde. À l’origine de cette manne, un phénomène naturel providentiel : à la saison sèche (de novembre à avril), le lac se déverse dans le Mékong, via la rivière Tonlé Sap ; et quand vient la mousson, autour de mai, le sens du courant s’inverse. Les flots gonflés de pluie de l’énorme fleuve se mettent alors à refluer vers la rivière, puis vers le lac – lequel, à son tour, inonde toutes les vallées alentour –, entraînant dans cette immense nasse des tonnes de jeunes poissons : barbeaux géants, gobies des sables, anguilles… Une aubaine ! L’eau qui arrive est comme une soupe épaisse, riche en algues et en zooplancton, venant nourrir la faune et amender les terres. Les années les plus fastes, la superficie du Tonlé Sap se multiplie par six pour atteindre 15 000 kilomètres carrés, soit près d’un dixième du territoire cambodgien. Pas étonnant qu’il soit salué jusqu’à Phnom Penh, la tentaculaire capitale dans les faubourgs de laquelle le Mékong converge avec la rivière Tonlé Sap. Chaque automne, environ un million de personnes y célèbrent Bon Om Touk, la fête de l’eau. Trois jours de festivités dédiées, en partie, à la fertilité de ce lac, que les touristes viennent admirer depuis Angkor, attirés par la poésie des scènes de pêche et de vie lacustre de ce monde où tout, de la végétation émergeant à l’aube d’un voile cotonneux au soleil couchant, semble flotter à la surface des eaux.
Outre une cinquantaine de gros bourgs montés sur pilotis, le Tonlé Sap abrite une centaine de villages flottants comme celui-ci.
La forêt inondable du Tonlé Sap est située sur le pourtour du Tonlé Sap, elle abrite 200 espèces de végétaux capables de survivre en restant immergés pendant les cinq à sept mois que dure la crue : l’eau montant de 9, voire 15 mètres à la saison des pluies, seule la cime des arbres ébouriffe alors la surface du lac. La végétation subaquatique dense de cet écosystème sert de zone de frai pour les poissons, protège les alevins, et l’ensemble de la faune y trouve de quoi manger. À la saison sèche, quand l’eau se retire, laissant des poches marécageuses, les terres découvertes sont extrêmement fertiles, infusées du riche limon charrié par le lac.
La vie sur le Tonlé Sap, plus grand lac d’Asie
Situé au milieu du Cambodge se trouve le Lac Tonlé Sap, qui signifie “Grand Lac” en langue khmère. Il atteint 250 km de longueur et traverse de nombreuses villes et provinces. Reliés à Phnom Penh, la capitale du pays, de par leur vaste parcours, le lac et rivière Tonlé Sap ont soutenu le développement du pays tout au long de son histoire.
Le lac Tonlé Sap au Cambodge est sans conteste une merveille du monde. Plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est, ses limites s’étendent de 20 kilomètres à 50 kilomètres à l’intérieur des terres et sa profondeur augmente de deux à dix mètres durant la saison des pluies. Le Tonlé Sap est plus qu’un simple plan d’eau ; pour le peuple cambodgien, ce Grand Lac représente un mode de vie.
Le Tonlé Sap est l’un des lacs les plus poissonneux au monde et les dépôts de limon laissés par les inondations annuelles ont créé un terrain extrêmement fertile pour l’agriculture. Il n’est pas surprenant que sur l’un des plus grands lacs d’Asie les civilisations se soient développées et aujourd’hui, une grande partie des moyens de subsistance des Cambodgiens dépend toujours du lac.
Les gens le long du Tonlé Sap sont un peuple heureux et la vie tourne essentiellement au rythme des deux grandes saisons. Lorsque les pluies commencent en mai, le niveau de l’eau commence à augmenter considérablement. Les eaux de crue sortante du bassin versant du Mékong du Tibet au Laos finissent par forcer l’écoulement du Tonlé Sap. Lorsque les forêts environnantes sont inondées, le Tonlé Sap peut s'étendre jusqu'à cinq fois sa taille de saison sèche. La pêche est si productive que plus de poissons sont pêchés ici chaque année que dans tous les lacs et rivières d'Amérique du Nord réunis.
En octobre, avec la diminution des pluies de mousson, les eaux recommencent à couler vers le sud, à travers le Vietnam et la mer de Chine. Les habitants du Grand Lac célèbrent ce phénomène unique au monde avec le traditionnel festival de l’eau ou Bon Om Touk.
90 % des habitants des villages flottants sont des pêcheurs et chaque jour, ils se lèvent à 5 heures du matin, comme le faisaient leurs arrière-grands-pères, détachent leurs embarcations motorisées et remontent les affluents quelques kilomètres en amont pour atteindre le Grand Lac à l’aube. Les activités qui commencent très tôt avec la traction d’un filet sur le bateau ne sont que le début d’une longue journée de travail. Les familles, voisins, pères et fils travaillent souvent ensemble pour libérer les poissons du filet après les captures et les vider dans les petites embarcations. Certains jours, une famille de pêcheurs peut capturer jusqu’à 100 kilos de poisson.
Les poissons sont ensuite transportés vers les maisons qui possèdent l’équipement de base de transformation de la pâte de poisson ou prahok. Femmes et les enfants prennent en charge le processus de préparation du poisson, du sel et des ingrédients pour produire cette pâte de poisson très prisée des Cambodgiens.
Ces jours d’abondance compensent les longs mois de la saison sèche alors que les pêcheurs font peu de prises et se tournent parfois vers d’autres activités. Le développement économique très rapide du pays a aussi sensiblement affecté l’activité sur le lac et ses zones de pêche.
Si la pêche représente la partie centrale de la vie le long du Tonlé Sap, le Grand Lac est bien plus qu’une zone de pêche abondante. Le fleuve est surtout le cœur battant du Cambodge et symbolise aussi un peuple qui gagne sa vie avec la richesse de sa terre et les fruits de son dur labeur. Le Grand Lac est sans conteste une merveille écologique du monde et l’on souhaite qu’il puisse nourrir le peuple cambodgien pendant encore de longues années.
LA RESERVE ORNITHOLOGIQUE DE PREK TOAL, UN JOYAU DANS LE JOYAU
La réserve de Prek Toal, un « bayou » asiatique aux 100 000 oiseaux, est à deux heures des temples d’Angkor. Un monde fait de reflets du ciel, d’arbres immergés et de froissements d’ailes… Niché à la pointe nord-ouest du Tonlé Sap, cet écosystème lacustre de 21 000 hectares n’est pas uniquement connu pour sa poésie photogénique. C’est un sanctuaire pour 150 espèces d’oiseaux, dont quatre sont menacées d’extinction. Parmi celles-ci, le grand marabout (Leptopilos dubius). Prek Toal est le seul lieu en Asie du Sud-Est où l’on peut apercevoir la tête déplumée de cet immense échassier (1,5 m de haut) : 400 individus y ont élu domicile. C’est aussi l’unique aire de reproduction du tantale blanc (Mycteria cinerea) de la région. Depuis 2001, une trentaine de gardes veillent sur les 100 000 oiseaux de cette réserve. Leur rôle : recenser la faune aviaire, veiller sur sa santé, dissuader la collecte d’œufs, la pêche et la chasse.